Godwin Mashiri : Une assurance intelligente contre le changement climatique

EcoFarmer est le premier produit de micro-assurance du Zimbabwe conçu pour assurer les intrants et cultures contre la sécheresse ou les précipitations excessives. L’agriculteur assuré reçoit aussi quotidiennement des prédictions météorologiques détaillées, des conseils en matière d’agriculture et des informations sur le marché. Gordon Mashiri s’est entretenu avec le correspondant de Spore à l’occasion de l’atelier du CTA Développer des solutions climato-intelligentes pour la culture céréalière et l’élevage en Afrique australe, qui s’est tenu du 13 au 16 septembre 2016 à Johannesburg, Afrique du Sud.

Comment l’assurance basée sur un indice climatique marche-t-elle ?

Une compagnie d’assurances établit un indice ou des paramètres d’assurance et surveille les conditions météorologiques pour la saison considérée. Les agriculteurs qui souscrivent ces polices reçoivent des informations sur le régime des pluies dans leur zone géographique. En général l’indice d’assurance climatique est proposé pour une couverture d’un rayon d’environ 15 à 20 km, mais la technologie satellitaire permet de fournir une police spécifique pour un agriculteur particulier, bien que l’indice global soit le même pour la région ou le pays.

Comment ce type d’assurance aide-t-il les agriculteurs à adopter des solutions climato-intelligentes à un coût abordable ?

L’assurance climatique indicielle est un outil de gestion des risques. Il faut l’utiliser en parallèle avec d’autres techniques comme l’agriculture de conservation et de bonnes pratiques agronomiques. Avec les changements climatiques, les agriculteurs ont besoin d’une couverture qui leur permette de conserver leurs intrants et d’assurer leur subsistance pendant les périodes de conditions météorologiques défavorables.

Comment les agriculteurs ont-ils accueilli cette assurance ?

Certains connaissent son existence mais il y a encore beaucoup à faire pour les sensibiliser au fonctionnement de l’assurance climatique indicielle et à ses avantages. Il faut qu’ils comprennent que cette assurance n’est pas un pari mais un plan de repli. Ses principes doivent être compris par les agriculteurs, les organisations de producteurs et les autres acteurs de la chaîne de valeur agricole.

Pourquoi les agriculteurs ne comprennent-ils pas cet outil qui pourrait les aider ?

Il y a surtout eu des programmes pilotes et non commerciaux. Les programmes commerciaux le sont devenus dans des régions spécifiques, avec l’aide de bailleurs de fonds et n’ont pas touché tous les agriculteurs. Nous devons maintenant élargir la gamme de nos produits et investir dans la formation des agriculteurs, afin qu’ils comprennent ce que nous pouvons leur apporter. Nous pourrons alors permettre à tous de profiter de cette assurance.

Qu’apporte le regroupement à la prestation de services agricoles climato-intelligents ?

Le regroupement est axé sur la chaîne de valeur et vise à répondre à tous les besoins des agriculteurs, en rassemblant essentiellement dans une seule enveloppe les différents services qui leur sont nécessaires. Il peut s’agir de services d’information, d’abonnements, de l’assurance climatique indicielle elle-même, de réductions accordées aux agriculteurs ou d’informations sur le marché, regroupés en un seul produit que l’agriculteur achète. L’interfinancement permettra de cibler de nombreux agriculteurs et d’adapter les services offerts en les réunissant en un seul produit. C’est le contraire de l’offre de services par divers organismes aux mêmes agriculteurs, qui est inefficace.

Qu’est-ce qui permettrait de surmonter le fait que les agriculteurs sont peu sensibilisés et adoptent insuffisamment cette assurance ?

Il faut susciter une approche de l’assurance fondée sur la demande, permettant aux groupes et organisations d’agriculteurs de se réunir et de comprendre qu’elle est à leur avantage. C’est à eux, et à personne d’autre, de faire avancer le dossier de l’assurance climatique. Lorsqu’ils la réclameront, les assureurs, les réassureurs et les autres partenaires s’associeront pour offrir des produits bénéficiant à l’ensemble de la chaîne de valeur agricole.

Article original publié sur le site de Spore

Spore / CTA
Tuesday, February 28, 2017
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